Le glossaire des Murènes

A B C D E F G H I K L M N O P  Q R S T V W Y Z

A
Accastillage : n. masc. Désigne l'ensemble des pièces constituant l'équipement d'un bateau. Autrefois, il s'agissait des parties émergées d'un bâtiment. Etym. Castillo, château en espagnol. La voile, c'est la vie de château.

Alidade : n. fém. Machin grâce auquel, agrippé au compas tout en essayant de ne pas vomir, on vise un château d'eau qu'on prend pour une église ou réciproquement.

Amarre : n. fém. Gros bout de chanvre ou de nylon qui refuse obstinément de se faire appeler corde ou cordage. Le bateau, c'est un peu comme la maison d'un pendu, on n'y prononce pas certains mots.

Ancre : n. fém. Pièce maîtresse de la ligne de mouillage à laquelle viennent se greffer cordage et chaîne, l'ancre se caractérise par son poids : 40 à 60 kilos pour un bateau de 25 mètres. Il ne vaut donc mieux pas se la prendre sur les pompes, et surtout ne pas prendre au pied de la lettre les consignes du skipper, quand il donne l'ordre de la jeter. On a vu des équipiers, pas très amarinés, faire perdre du temps à tout le monde lorsqu'il a fallu plonger pour récupérer ladite ancre, la repérer et la remonter.

Annexe : n. fém. L'annexe porte assez mal son nom, car elle est loin d'être un équipement superflu. C'est grâce à elle que vous pourrez rejoindre la côte ou faire des photos de vacances inoubliables de votre embarcation dans le soleil couchant. Elle apporte également des joies merveilleuses : instable, elle vous débarrasse instantanément d'équipiers indésirables (si possible en tenue de gala pour une bordée), facétieuse, elle égare volontiers son moteur dans l'eau.

Anode : n. fém. Blocs de zinc fixés sur les oeuvres vives faisant office d'électrode à potentiel positif pour éviter la corrosion électrolytique. Plus décoratif que réellement efficace.

Ariser : vb. Réduire la toile. Ex. : quand Zorro diminue la longueur de sa cape, on dit que "Zorro est arisé".

Avale-tout : n. masc. Anneau servant à diriger le passage d'un bout. Publicité mensongère : à part le bout, n'avale rien d'autre (même pas des raviolis en boîte bien mijotés à l'eau de mer).

Aviron : n. masc. Manche au bout duquel on a fixé une pelle plate à un bout et un crétin à l'autre extrémité. Ressemble furieusement à une rame, mais c'est un secret.


B
Bande de ris : n. fém. Partie d'une voile qu'on entend soustraire à l'action du vent en l'enroulant autour d'une vergue ou d'une bôme. Un truc pour les tapettes.

Balancine : n. fém. Bout de survie servant à retenir la bôme par son extrémité libre. Peine perdue, la bôme finira tôt ou tard dans la tronche d'un équipier.

Barbotin : n. masc. roue dentée permettant aux maillons de la chaîne d'ancre de venir s'y engrener. si elle avait été inventée par un dénommé Xuenylom, elle porterait ce nom. A fort heureusement jailli du cerveau d'un homme au nom prononçable par tous les temps : M. Barbotin.

Barre : n. fém. 1- Peut être franche ou à roues, mais dans tous les cas est considérée comme assez indispensable par le marin expérimenté. 2- Avoir la barre : être de quart avec la serveuse du troquet du coin.

Barrot (ou bau) : n. masc. Poutre centrale soutenant les ponts d'un navire ou le sous-vêtement du skipper (au réveil). Ex. : "Ce matin j'avais un sacré barrot (ou bau)".

Batterie : n. fém. 1- Anciennement ensenble des canons d'un pont. 2- Aujourd'hui, elle est en panne : plus de lumière, plus de pompe à eau, plus de radio. 3- demain, c'est pareil.

Beaupré : n. masc. Mât placé à l'avavt, plus ou moins obliquement, plus ou moins long, plus ou moins utile. Ex. : A l'avant d'une BMW 320i, c'est assez inutile.

Bisquine : n. fém. Embarcation typique de la baie du Mont Saint-Michel, de Cancale ou de Granville. Fine, racée, élégante, bref idéale pour la pêche aux coquille Saint-Jacques ou aux estivantes bronzées.

Bôme : n. fém. Sorte de batte de base-ball fixée perpendiculairement au mât, et qui, lors d'un empannage, cherche indiscutablement à taper bien fort dans votre tête. Elle sait néanmoins se transformer en amie du marin philosophe en devenant un confortable hamac - à l'aide du creux de la grand voile - à l'occasion des longs bords au vent portant.

Bord : n. masc. Côté ou flanc d'un navire (synonyme de bordé). Par extension, désigne l'ensemble du navire ("A bord c'est toi le plus con"). Si l'expression est trop prononcée, on finit par-dessus bord.

Bosse : n. fém. 1- Cordage utilisé lors des manoeuvres de remorquage. 2- Principale conséquence d'une rencontre inopportune avec une bôme. 3- "Tu bosses ?" Marque d'étonnement absolu.

Bordée : n. fém. 1- Route que suit un navire entre deux changements de bord. 2- Subdivision d'un équipage à bord. 3- Ribouldingue à terre où le marin finit par devenir un peu pénible sur les bords.

Bout : n. masc. Bout de corde dont on prononce le "t". Plus gros qu'une garcette ou qu'une drisse, mais plus petit qu'une amarre, ou que le jardin de mon oncle.

Brassière : n. fém. Sorte de chemise inélégante, destinée, dans l'eau froide, à prolonger de vingt bonnes minutes l'agonie du condamné. Pas facile en plus d'allumer la dernière cigarette.

Brise-lames : n. masc. Déflecteur situé à l'avant d'une embarcation et servant à empêcher les vagues d'envahir le cockpit et les raviolis (théoriquement). A ne pas confondre avec le brise-burnes qui n'empêche aucune catastrophe mais les provoque.

Brick : n. masc. Ancêtre du cargo, assurant le cabotage de port en port. On qualifie ses lignes de "robustes", euphémisme pour dire qu'on le trouve assez moche. Mais il est vieux et on ne casse pas des bricks.


C
Cacatois : n. masc. Désigne tout à la fois une voile carrée située au-dessus du perroquet et le mât qui la soutient. A fait marrer des générations d'enfants pour sa proximité phonétique avec des excréments d'oiseaux.

Carène : n. fém. syn. "Oeuvres vives". La coque, en langage courant. Une carène ça se sable, ça se lisse, bref ça se prépare pour glisser le mieux possible dans l'eau. Etym. carina "coquille de noix" (et c'est vrai).

Catégorie de navigation : n. fém. Classification d'une embarcation en fonction de sa taille et de son équipement, destinée à spécifier son usage et le type de navigation autorisée. Manureva et le Titanic sont étonnamment logés à la même enseigne (catégorie veuve éplorée et tout le toutim).

Chaîne : n. fém. Ligne métallique composée d'une multitude d'anneaux enserrés les uns dans les autres. La chaîne d'ancre est la seule que l'on reçoive bien à bord (avec la hune).

Chaise de mât : n. fém. Cet ustensile indispensable pour intervenir dans la mâture tient en réalité plus du harnais que du siège. Mais c'est le seul endroit du bord qui paraisse vivable après dix jours passés en mer, surtout si l'équipage est en partie composé de femmes ou de philosophes bavards. Nautamine indispensable dès que ça bouge un peu.

Chandelier : n. masc. Support maintenant les filières en hauteur tout autour du bateau. Si on est totalement désoeuvré, on peut y fixer des bougies.

Charnier : n. masc. Délicieuse appelation du réservoir d'eau douce. Ah ! proverbiale poésie des gens de mer.

Château : n. masc. Superstructure située au dessus de la ligne de flottaison et du pont. Peut être joliment agencée (pont-levis, mâchicoulis, étang, canards, le genre cossu).

Chaumard : n. masc. Pièce métallique fixée à la coque et utilisée pour guider les amarres. Lorsqu'il est très résistant, on parle de chaumard de longue durée.

Chute : n. fém. Désigne la partie d'une voile théoriquement libre de toute fixation. En pratique, ce bord ayant toujours tendance à battre, on y trouvera toujours un dispositif de réglage assimilable à une fixation. Les marins nomment même ce qui n'existe pas !

Claire-voie : n. fém. Panneau vitré destiné à apporter la lumière du jour là où elle ne pourrait pénétrer. On peut y attendre des heures le passage d'une fille en jupe. Peine perdue.

Clipper : n. masc. Bijou de haute technologie destiné à concurrencer la vapeur grâce à ses lignes taillées pour la vitesse et sa coque en fer. Souvenez-vous de "Clipper le dauphin", comme il nageait vite.

Cockpit : n. masc. Compartiment du voilier (mal) aménagé dans lequel on trouve : un salon, une salle à manger, un bureau, une cuisine, une chambre, un dressing, un dressing, une entrée, un vestibule, un patio et une confortable salle de bain.

Coupée : n. fém. 1- Ouverture pratiquée dans le bordé pour permettre l'accès au pont ou au quai. 2- Punition légitime pour le voleur du dernier paquet de Pépitos, dont l'avant-bras sera sectionné au niveau du coude.


D
Dame de nage : n. fém. Pièce métallique sur laquelle on pose l'aviron. Les dames sont là pour faire ramer le marin.

Demi-coque : n. fém. Très jolie maquette d'une coupe longitudinale des oeuvres vives. Les demi-sels limitent leur amour de la marine à son acquisition.

Dérive : n. fém. Quille du pauvre, destinée à empêcher un dériveur de justifier son nom.

Descente : n. fém. 1- Panneau d'entrée auquel on fixe une échelle afin de descendre dans les fonds. 2- Bonne descente, cale sèche, dans le cas du marin.

Drisse : n. fém. Bout avec lequel on hisse les voiles. Enième avatar marin de la cordelette, de la ficelle et de la corde.

Dunette : n. fém. 1- Gaillard d'arrière pas très balaise. 2- Petite dune portative pour les nostalgiques du désert à poser sur la cheminée du salon du yacht.


E
Ecoute : n. fém. Une drisse pour hisser les voiles, mais une écoute pour les orienter : encore et toujours de la cordelette.

Entrepont : n. masc. Espace confortable situé entre la cale et le premier pont. Sorte de rez-de-chaussée.

Espar : n. masc. Désigne toute pièce importante d'un grément : un mât, une bôme, un tangon. Peut donc être en bois, en plastique ou en métal. Etym. : du peshmerga esparos : "sui fait mal à la tête" (NB : même pas vrai).

Etai : n. masc. Câble assurant l'équilibre d'un mât en contrebalançant l'effet des haubans. sans lui, on démâte à brêve échéance.

Etrave : n. fém. Partie avant d'un navire qui en forme la proue. Première au courant de la collision avec un super tanker qui ne s'est rendu compte de rien.


F
Fanal : n. masc. Le fanal est à la lanterne ce que le cordage est au bout.

Fardage : n. masc. 1- Dispositif de protection de la cargaison dans les cales afin qu'elle ne se mouille pas. 2- Ensemble des parties émergées donnant prise au vent. 3- Désigne, en somme, tout et son contraire, exemple, pour une fois, d'iprécision flagrante, isn't it ?

Fémelot : n. masc. Pièce du gouvernail servant à le maintenir en se fixant dans son complément mâle (donc noble), appelé aiguillot.

Feu de position : n. masc. Vert à bâbord, rouge à tribord, blanc à l'arrière, sans variation ni fantaisie possible. La voile, c'est pas le Kama-Sutra rapport aux positions.

Filière : n. fém. Câble d'acier ceinturant l'embarcation pour donner l'impression aux équipiers qu'ils ne peuvent pas tomber à l'eau. Bonne blague de marin en somme.

Filoir : n. masc. Pièce de bois destinée à faciliter les amarrages, et autour de laquelle on enroule "du fil". On en déduit que les marins prennent les aussières pour du fil à coudre.

Flottaison : n. fém. Endroit de la carène qui marque la limite entre l'eau et l'air quand le bateau est chargé. S'il se trouve au milieu du grand mât, faire demi-tour.

Foc : n. masc. Voile triangulaire fixée à l'avant du bateau sur un étai. Plusieurs dérivés possibles : clinfoc, grand foc, trinquette, petit foc, bébéfoc (cf. ci-après "fourrure").

Fourrure : n. fém. Protection des oeuvres mortes constituée de toile ou de filin goudronné. Précision : il n'y a pas que les oeuvres mortes qui portent de la fourrure, il y a aussi les vieilles peaux.


G
Gaffe : n. fém. Sorte de pelle dont on n'aurait gardé que le manche et au bout duquel on aurait fixé un anneau, le tout dans le but de repêcher sa casquette de yachtman.

Gaillard : n. masc. Château où l'on loge gratuitement l'équipage. Autrefois on distinguait le gaillard d'avant du gaillard d'arrière (le premier était brun frisé, le second plutôt rouquin). Ce dernier a été remplacé par la dunette (on n'aime pas les rouquins à bord).

Génois : n. masc. Foc balaise. Sa surface de toile est généralement supérieure à celle de la grand-voile.

Goélette : n. fém. Tire son nom du goéland et son élégance de ses deux mâts légèrement inclinés vers l'arrière. De nombreux bateaux ont fini par porter ce nom sans en avoir les caractéristiques (le Thomas Lawson avait 7 mâts, c'est n'importe quoi).

Grappin : n. masc. Il existe deux sortes de grappins : ce terme désigne soit une espèce d'ancre qui sert au mouillage des embarcations, soit une griffe jetée dans le gréement du bâtiment que l'on a l'intention d'aborder. Lorsque vous avez mis le grappin sur une conquête du sexe opposé, vérifiez bien que vous utilisez le type de matériel approprié aux circonstances.

Gréement : n. masc. Désigne toutes les voiles, vergues, poulies, bouts, drisses, écoutes ou autres cordelettes embarqués par un navire, et servant à sa manoeuvre ou à sa propulsion, à l'exception notable du pack familial de flageolets en boîte.


H
Hampe : n. fém. Support du pavillon national situé en poupe, et sur lequel on envoie les couleurs la larme à l'oeil, la nuque raide, le regard perdu vers l'immensité où tant de compagnons sont morts au combat.

Hanais : n. masc. Petit bout destiné aux travaux de matelotage. Incroyable ! Encore un autre nom pour du cordage.

Hauban : n. masc. Parce qu'un mât ne tient pas en place sans eux. Du scandinave hofüd-benda (attaché au mât). Par Thor !

Hauts : n. masc. Toute chose située au dessus du pont se trouve ipso facto dans les hauts, sauf Laurence Olivier qui lui joue dans Les Hauts de Hurlevent.

Hunier : n. masc. Voile carrée fixée sur le mât de hune, servant de voile de cape par mauvais temps. La hune était une plate-forme sur laquelle était installée la vigie ("keskiyacesoir sur la hune ?", question rituelle à bord).


I
Immatriculation : n. fém. Numéro sous lequel une embarcation est enregistrée auprès des Affaires Maritimes et servant à son identification. Etym. Du latin matrix (registre), comme au cinéma.

Insubmersible : adj. Notion à manier avec une certaine prudence, voire avec scepticisme, puisque le Titanic l'était en théorie. A l'origine des recherches sur l'insubmersibilité, plusieurs solutions avaient été imaginées, dont l'une consistait à remplir les cales des navires de barriques vides (authentique). Poursuivant les recherches avec opiniâtreté, les plaisanciers d'aujourd'hui continuent à vider des tonneaux, au cas où cette piste (prometteuse) finirait par aboutir.

Inventaire : n. masc. Opération fastidieuse mais néanmoins indispensable à la prise de possession d'un bateau de location au début des vacances, et surtout à la récupération de sa caution à leur fin. Attention, aller piquer en fin de séjour sur le bateau des autres ce que vous avez détruit ou balancé à la mer sur le vôtre est contraire à l'étiquette de la navigation.


K
Ketch : n. masc. A l'origine, il s'agit d'un cotre britannique. Ce terme désigne désormais un type de gréement à deux mâts dont le grand mât est à l'avant et dont le mât d'artimon est disposé à l'avant de la barre. Dans l'ensemble, ça a de la gueule.

Koff : n. masc. Caboteur hollandais généralement équipé d'un mât de tape-cul et de deux ou trois focs. Comme Jean-Pierre, cabotineur français.


L
Latte : n. fém. 1- Pièces longues et étroites glissées dans la chute des voiles pour les rigidifier. 2- Mode courant de management d'un équipage dit "à coups de latte".

Lest : n. masc. Matière dense et lourde placée dans les fonds ou dans la quille pour stabiliser une embarcation. Rôle dévolu à tout équipier inutile ou insolent.

Loch : n. masc. 1- Compteur de vitesse d'une embarcation. 2- Etat général du bord après une virée standard.


M
Manille : n. fém. Toute capitale des Philippines qu'elle soit, le rôle de la manille est réduit à bord à celui de minuscule mousqueton.

Mât : n. masc. Soutient l'ensemble du matériel de propulsion. La plupart des marins y tiennent énormément. Mât de fortune : Quand on en a, mais une mauvaise.

Membrure : n. fém. 1- Désigne l'ensemble des membres du bord, c'est-à-dire ce qui en forme l'ossature. 2- Par décision du Webmaster, aucune vanne ne sera tolérée sur cette histoire de membre. 3- Dommage.

Misaine : n. fém. 1- Mât avant d'une goélette, d'un brick ou de tout autre voilier de plus de deux mâts. 2- "Si t'as une brick, t'es pas dans la misaine", proberbe breton (ou peut-être auvergnat).

Monocoque : adj. / n. masc. Bateau n'ayant qu'une seule coque. Dit comme ça, on a l'impression que c'est un handicap (famille monoparentale, individu mononeuronal, etc). Les marins s'en sont toutefois contentés pendant des siècles.

Mousqueton : n. masc. Avatra géant de la manille, constitué comme elle d'un anneau ouvrable à volonté. S'est porté à une époque à la ceinture pour faire style genre.


N
Nable : n. masc. Trou pratiqué au fond d'un canot pour en vider l'eau lorsqu'on le hisse. Permet également de rejouer le Titanic pour nettement moins cher, s'il n'a pas été rebouché.

Navire : n. masc. Sachez les reconnaître. Votre embarcation flotte, c'est un bon point. Elle est dotée d'un pont, c'est encourageant. Elle peut affronter la pleine mer, bingo, c'est un navire.

Nourrice : n. fém. Votre moteur tête. C'est la nourrice qui donne le sein.


O
Oeuvres mortes : n. fém. 1- Partie émergée de la coque, autant dire méprisable. 2- Destin fréquent des prétentions artistiques des marins au long cours (journal, roman, demi-coque ...).

Oeuvres vives : n. fém. 1- Partie immergée de la coque, celle qui bosse. 2- Compliment réservé aux ouvrages de référence (comme ce glossaire).

Osmose : n. fém. Réaction chimique des coques plastiques qui, contrairement à ce que le néophyte pense, ne sont pas étanches à 100% à l'eau de mer. Celle-ci pénètre ainsi à la longue dans la résine de polyester, provoquant bulles et cloques à la grande satisfaction du propriétaire. Pour y remédier, on sable, on pèle, on sèche, on met de l'époxy. Puis on recommence parce que ça n'a pas bien marché. Puis on revend son bateau parce qu'on est dégoûté. Puis déprimé, on perd son boulot, sa femme et ses gosses. Enfin rien de bien sérieux.


P
Packet : n. masc. D'origine anglaise. Navire de messagerie transportant des colis, du courrier mais aussi des passagers. Accepte à l'occasion des paquets d'eau de mer en quantité raisonnable.

Panneau : n. masc. Fermeture des écoutilles. Par extension, ouverture pratiquée dans le pont d'un navire. Si l'on met une affiche dessus, cela ne devient pas pour autant un panneau publicitaire.

Pare-battage : n. masc. Le pare-battage est au voilier à quai ce que le pare-choc est à la voiture en stationnement. Chacun sait, du moins au volant de sa voiture, que les pare-chocs ne sont guère efficaces à grande vitesse. Il semblerait en revanche que certains plaisanciers continuent à trouver plus prudent de naviguer tous pare-battages sortis, afin d'amortir un choc avec ve pétrolier en relèvement fixe.

Pas : n. masc. L'hélice est une vis qui tourne à droite (pas dit "à droite") ou à gauche (pas dit "à gauche"). Pour le plaisancier moyen, la suite est nettement plus mystérieuse. En effet, par une espèce de phénomène paranormal, le pas à droite facilitera les manoeuvres en marche arrière sur bâbord, et réciproquement. De toutes façons, vous découvrirez rapidement, que quel que soit le sens de votre manoeuvre, le pas vous sera toujours défavorable.

Pavois : n. masc. A l'origine (italienne, pavese, de Pavie); désignait un bouclier de cérémonie sur lequel on promenait les chefs, typiquement Abraracourcix. S'est appliqué ensuite à des ornements festifs : drapeaux, toiles d'apparat fixées de part et d'autre du bord.

Perroquet : n. masc. 1- Voile haute située au dessus des huniers. Existe en version "petit" ou "grand". 2- Au cinéma, animal de (mauvaise) compagnie des marins au long cours. 3- Pastaga plus menthe, servir bien frais.

Placard : n. masc. 1- Lorsqu'une voile commence à s'user, on y met une pièce dite placard. 2- Endroit où l'on met les cadres usés, dans la marine ou ailleurs.

Plat bord : n. masc. Ceinture de bois ou de métal appliquée sur le bordé et servant généralement de main courante. Comme c'est plat, la course des doigts est ainsi rendue moins fatigante.

Pont : n. masc. 1- Endroit plat sur lequel on circule, on se promène, on vomit (pont en teck). 2- Poste d'observation pour voir passer ceux qui prennent la mer pour voir passer ceux qui prennet la mer (pont de Saint-Nazaire). 3- Quand 1 et 2 se rencontrent, 1 n'a pas consulté les horaires des marées.

Poupe : n. fém. Partie la plus éloignée de la proue. Ex. : Cameron Diaz a une jolie poupe.


Q
Quille : n. fém. "Vivement la quille !", phrase célèbre prononcée par un plaisancier lassé de la pratique sportive de l'optimisme extrême.


R
Radouber : vb. Effectuer la grande révision d'une embarcation. Si trop cher, vendre la bateau avant.

Ralingue : n. fém. Cordage (mais oui !) cousu autour du bord des voiles pour les renforcer. Préférer le bleu canard ou le fuschia pour faire plus pimpant.


S
Safran : n. masc. Partie du gouvernail sur laquelle les filets d'eau se déchaînent. Sinon c'est la poudre du crocus sativus, mais le riz au safran c'est au restaurant, pas à bord que ça se passe.

Sondeur : n. masc. Ligne lestée servant à mesurer la hauteur du fond. Rôle tenu par la quille ou la dérive chez les amateurs.

Spinnaker : n. masc. Très jolie voile aux couleurs généralement chamarrées, dont les formes évoquent infailliblement le bonnet D d'une poitrine de 180. Un conseil : ne pas tenter d'envoyer le spi au "près". Un autre conseil : arrêtez de fantasmer sur les grosses poitrines, la voile c'est du sérieux.


T
Taquet : n. masc. 1- Pièce d'accastillage servant à frapper (fixer) des manoeuvres. 2- Mettre un taquet, récompense pour un équipier exceptionnel.

Terre-neuvas : n. masc. Morutier gréé en trois-mâts goélette et pouvant ramener après six mois de pêche, plus de 200 000 morues. Pas facile de faire mieux, sauf avec un yacht à Saint-Tropez, et encore.

Tirant d'eau : n. masc. Hauteur mesurant la distance entre le point le plus bas de la quille et la ligne de flottaison. Ne pas confondre avec le tyran d'eau, surnom de nombreux skippers.

Toile : n. fém. Terme affectueux désignant familièrement une ou l'ensemble des voiles. Comme le sel marin, toujours plus facile à ajouter qu'à enlever.

Tonneau : n. masc. Unité de mesure des embarcations égale à 2,83 m3 ; à consommer avec modération.

Trapèze : n. masc. Matériel d'équilibriste du rappel composé d'une ceinture, d'un câble d'acier, d'un crochet et d'un appareil photo : "Regardez les mecs le shampooing que je me fais pas !".

Trimaran : n. masc. 1- Une coque au milieu et deux flotteurs latéraux. 2- Calembour trimaran : comme son nom l'indique.


V
Voile : n. fém. Equipement indispensable en l'absence de moteur ou d'aviron. Peut être carrée, aurique (trapézoïdale), latine (trinagulaire), ou encore déchirée, et même oubliée (dans le sac de la GS break).


W
Winch : n. masc. Ami de l'équipier servant à décupler ses maigres forces pour enrouler les écoutes.


Y
Yacht : n. masc. Les bateaux à voiles avaient historiquement trois usages : commercer, guerroyer, pêcher. Les Anglais et les Hollandais - dont le mot yacht est dérivé de Jaghen, pourchasser - en ont ajouté un quatrième à la fin du XVIIIè siecle : étaler (son pognon).

Youyou : n. masc. 1- Petite embarcation sur une unité plus grande qu'elle (alias annexe). 2- Cadeau fait aux enfants d'un coureur espagnol quand il a le mayo yaune.


Z
Zinouplette : n. fém. Bout tendu entre le gaillard d'arrière et le mât de misaine et sur lequel on frappe les vêtements de l'équipage. En clair, une corde à linge (NB : cette histoire de zinouplette sent la mauvaise blague).


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